Marc se souvient bien de ce jour — c’était un lundi matin froid, sombre et neigeux à Resolute Bay, au Nunavut — l’une des communautés les plus au nord du Canada. Une ville éloignée qu’il appelle, « le dernier arrêt pour avoir de l’eau chaude et un repas. »
C’était la Semaine de la santé à Resolute Bay, une initiative pour promouvoir le bien‑être et la mobilisation de la communauté d’environ 200 résidents. En tant que gérant de l’auberge locale, Marc a fait face à l’une des semaines les plus chargées, avec des visiteurs qui arrivaient et un emploi du temps rempli d’événements. En se préparant à affronter une journée occupée, il a ressenti une douleur intense et persistante dans la poitrine. Il a appelé sa collègue pour dire qu’il allait s’allonger et qu’il n’ouvrirait pas pour le dîner. Elle a insisté pour l’emmener au centre de santé local —une offre que Marc admet qu’il aurait normalement refusée.
Dans les minutes suivant son arrivée, une infirmière praticienne l’a branché à un électrocardiogramme (ECG). N’ayant aucun médecin à Resolute Bay, les résultats ont été envoyés à l’hôpital d’Iqaluit, où un médecin a rapidement diagnostiqué une crise cardiaque.
Ce soir‑là, Marc a été transporté par avion à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa où il a reçu une endoprothèse coronarienne et sa convalescence a duré plusieurs semaines. Après l’obtention de son congé, il est resté à Ottawa — sa ville d’origine — où il avait toujours un appartement.
L’année suivante a été remplie de rendez‑vous en cardiologie, par la prise d’une longue liste de médicaments et de fréquentes analyses sanguines. Par contre, malgré tout, son état ne s’améliorait pas. Son pronostic était sombre. C’est à ce moment‑là qu’il a entendu les mots « greffe cardiaque » pour la première fois. « Une greffe ne m’était même pas venue à l’esprit — je me sentais toujours invincible, se souvient‑il. » À 54 ans, Marc n’était pas prêt à abandonner et il a accepté d’être inscrit sur la liste d’attente pour recevoir une greffe.
On lui a dit de garder son téléphone à portée de main. Il dormait, mangeait, et se douchait avec son téléphone à ses côtés jusqu’à ce jour où l’appel vint : « Marc, nous avons un cœur. » Dépassé, il ne pouvait pas parler et a remis le téléphone à son père. Le lendemain matin, il a été amené dans la salle d’opération où il a reçu le don de la vie.
Aujourd’hui, le point de vue de Marc a complètement changé. « La manière dont je regarde les gens et envisage les relations — si je ne suis pas en bonne santé, je ne peux pas aider les autres. » Maintenant, il est l’aidant principal de ses parents qui font tous deux face à de graves problèmes de santé. « J’allais mourir et aujourd’hui, je suis en vie. J’ai survécu pour m’assurer que mes parents avaient une fin de vie convenable. Nous avons la chance de nous avoir les uns les autres. »
Marc sait qu’il n’aurait pas vécu beaucoup plus longtemps sans un nouveau cœur. Il n’a pas de mots pour décrire ce qu’il ressent en sachant que la décision de son donneur de s’inscrire lui a sauvé la vie. « La gratitude est un euphémisme. J’espère que mon histoire inspirera d’autres personnes à s’inscrire et à sauver des vies. »
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