À sa naissance en février 1997, Sarah avait une vessie hypertrophiée, mais semblait par ailleurs être un bébé en bonne santé. Mais en moins de 24 heures, tout bascula : elle commença à vomir et fut transportée d'urgence à l'hôpital SickKids où les médecins découvrirent un problème plus complexe affectant ses intestins.
Au cours des mois suivants, Sarah subit de multiples interventions chirurgicales pour réparer une torsion intestinale, retirer un appendice rompu et rechercher des obstructions. Des tests génétiques révélèrent la cause : une maladie rare appelée syndrome de mégacystis, microcolon et hypopéristaltisme intestinal (MMIHS), faisant de Sarah le premier enfant au Canada à recevoir ce diagnostic.
Ironie cruelle du sort, les médicaments qui la maintenaient en vie commencèrent à détruire son foie et son pancréas. Sarah avait besoin d'une greffe multi-organes pour survivre — foie, intestin, estomac et pancréas — une intervention qui n'avait jamais été réalisée sur un enfant aussi jeune au Canada. Sarah fut inscrite sur la liste d'attente pour une greffe. Sa mère quitta son travail pour rester à ses côtés, tandis que son père faisait des allers-retours en voiture jusqu'à Cobourg pour subvenir aux besoins de la famille.
À un peu plus de cinq mois, Sarah commença à avoir des hémorragies internes; sa vie était en train de s'éteindre. Craignant qu'elle ne survive pas à la nuit, sa famille la fit baptiser à l'hôpital. Le soir même, ils reçurent une nouvelle qui allait changer leur vie : un donneur avait été trouvé.
Sarah fut transportée par avion à Londres où des chirurgiens travaillèrent toute la nuit pour lui sauver la vie. À seulement cinq mois et 24 jours, elle entra dans l'histoire en devenant la première patiente canadienne à recevoir une greffe multi-organes et la plus jeune au monde. Les quatre organes dont Sarah avait besoin provenaient d'un seul et même petit héros, un bébé de taille et de groupe sanguin proches des siens. Ses parents n'ont jamais oublié qu'une autre famille avait dû endurer une perte inimaginable et avait malgré tout trouvé la force d'accepter le don d'organes.
Chaque année, Sarah célèbre l'anniversaire de sa greffe, un jour qu'elle considère comme le jour de sa vie. Parce qu'une famille a dit oui dans leur moment le plus sombre, Sarah a vécu des années remplies d'étapes importantes que ses parents n'auraient jamais cru possibles : elle est devenue grande sœur, a obtenu deux diplômes universitaires, s'est mariée et mène une vie pleine et dynamique. Lors de son mariage, elle a rendu hommage à son donneur sur une table commémorative avec un message encadré qui disait : « Mon donneur est la raison pour laquelle je suis là ».
Le parcours de Sarah lui a appris à ne jamais prendre la vie pour acquise. Elle milite désormais pour le don d'organes et de tissus. « Inscrivez-vous comme donneur. Cela prend deux minutes », dit-elle. « On ne sait jamais, on pourrait sauver un enfant dont la vie ne fait que commencer, comme quelqu’un l’a fait pour moi. »
L’histoire de Sarah nous rappelle ce que signifie le don d’organes : c’est offrir un avenir à quelqu’un.
Inscrivez-vous dès aujourd'hui sur soyezundonneur.ca.